Découverte

LES EGLISES DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DU PLATEAU VERT

Les dix communes du « Plateau Vert » possèdent un patrimoine immobilier comprenant souvent des édifices religieux (églises et croix).

Construites et reconstruites depuis des temps immémoriaux, les églises témoignent de la foi chrétienne de nos ancêtres normands. Vous trouverez ci-après un inventaire d’abord quantitatif de ces monuments depuis la Révolution. Suit un essai comparatif architectural de ces monuments. La série V (cultes 1805-1905) des archives départementales constitue la source essentielle de cet article.

1/ Liste complète des anciennes églises et des dédicaces avant la Révolution

Le territoire de la communauté du Plateau Vert correspond à celui de 14 anciennes paroisses donc avec jadis 14 églises et plus de trente prêtres (curés et vicaires, clercs formant le clergé).

1/ Saint Ouen de Betteville
2/ Notre Dame de Blacqueville
3/ Notre Dame de Bouville
4/ Saint Germain de Carville
5/ Saint Nicolas de Cidetot (démolie vers 1820…)
6/ Saint Aubin de Croixmare (démolie et entièrement reconstruite en 1895)
7/ Saint Martin d’Ecalles (tour clocher classée monument historique en 1926)
8/ Saint Vincent de La Folletière (démolie vers 1820…)
9/ Saint Pierre de Fréville
10/ Saint Sulpice d’Hardouville (existe toujours mais désormais chapelle privée)
11/ Sainte Croix des Ifs(démolie vers 1829)
12/ Notre Dame de Mesnil-Durécu (démolie et reconstruite entièrement en 1855/1859 sous le vocable de Notre Dame de l’assomption)
13/ Sainte Trinité du Mont-de-l’If
14/ Notre Dame de Panneville (démolie avant 1815 …)

2/ Les églises aujourd’hui dans la communauté de communes

Après plusieurs fusions administratives et religieuses, il reste aujourd’hui 9 églises dédiées au culte catholique :

– les petites églises des ifs, Panneville, Cidetot et La Folletière ont été démolies à la suite de fusions de paroisses (n°5, 8, 11, 14 ) ;

– celle d’Hardouville (n°10) est devenue une chapelle privée ;

Par ailleurs les églises de Mesnil Durécu et de Croixmare ont été démolies aussi mais pour être reconstruites à la même place au XIXème siècle; les autres ont souvent fait l’objet de gros travaux ou de reconstruction « partielle ».

Ainsi, en observant nos neuf églises publiques (sans Hardouville), on peut distinguer quatre groupes :

1/ deux églises entièrement reconstruites au XIXème siècle

Il s’agit de Notre-Dame de Mesnil-Panneville et de Saint Aubin de Croixmare, deux constructions après démolition de l’ancien monument. Deux investissements, en plusieurs tranches. Les plans existent aux archives départementales (série V, dossier église).

2/ deux église partiellement reconstruites avant la Révolution

Les deux églises d’Ecalles-Alix et de Bouville possèdent chacune une nef refaite avant la Révolution à côté d’un clocher d’origine romane.

3/ trois églises partiellement reconstruites au XIXème siècle

Il s’agit de Notre Dame de Blacqueville pour le clocher porche à la suite d’un effondrement, de Saint Ouen de Betteville pour le clocher porche, et de Saint Pierre de Fréville pour la nef, le chœur et la façade (reconstruction presque totale sauf la vieille tour romane).

4// deux églises ont fait l’objet de travaux divers

La petite église du Mont-de-l’If conserve une unité architecturale. Carville a fait l’objet de nombreux travaux en façade, au niveau de la tour et dans la nef, avant et après la Révolution.

En conclusion, sur 14 églises rurales avant la Révolution, quatre n’existent plus, trois (Mont-de-l’If, Hardouville et Carville) subsistent aujourd’hui sans grande reconstruction ; deux (Mesnil Panneville et Croixmare) ont été entièrement reconstruites au XIXème siècle et cinq partiellement reconstruites avant ou après la Révolution.

Il n’y a pas eu de grands travaux de démolition, d’extension ou de reconstruction depuis 1906 ; nos neuf églises publiques, plus ou moins reconstruites, se rattachent dans l’ensemble au style roman de Haute Normandie.

Voici une courte analyse comparative des monuments aujourd’hui

3/ Essai d’étude de nos églises

1/ le plan des églises

Espace symbolique, l’orientation et le plan ne sont pas le fruit du hasard. Le monument est souvent orienté d’ouest en est, des ténèbres vers la lumière et en élévation, du parvis à l’autel, c’est-à-dire de la terre au ciel. Plus haut se tenait le chœur ou chancel, espace sacré réservé aux clercs, plus bas se tenait la nef financée par les paroissiens et réservée aux laïcs. Les deux espaces étaient séparés par le jubé (plus simple qu’en Bretagne mais détruit par les protestants), par un arc triomphal (souvent monté à l’époque de la Contre Réforme), par un mur portant un Christ de gloire, ou quelquefois par le clocher (à Bouville).

La surface de la nef s’adapta quelquefois à l’évolution démographique : après le Moyen Age elle s’allongea à Bouville, Betteville, Ecalles-Alix, Fréville, Croixmare. Les nefs d’Hardouville, Mont de l’If et Carville restèrent plus courtes.

2/ Etude des clochers

Le clocher peut occuper différents emplacements dans le plan d’une église : Il peut-être entre la nef et le choeur (Bouville), ou plus pratique pour la sonnerie des cloches, il surmonte souvent le porche (Blacqueville, Fréville, Betteville, Mesnil Panneville, Croixmare, Mont-de-l’If et Carville). A Hardouville, il s’agit d’un clocher-mur (campenard) comme en Gascogne supportant deux cloches apparentes. A Ecalles Alix, le clocher se trouvait comme à Bouville entre la nef et le sanctuaire. Il surmonte aujourd’hui la sacristie.

– Les trois clochers d’origine romane

Le clocher sur plan carré de Saint-Martin d’Ecalles-Alix surmonte actuellement une petite sacristie située derrière le chœur et voûtée en ogive. Autrefois, ce clocher se situait entre le chœur et la nef, d’où la présence d’un mur monté en brique, encore bien visible à l’arrière, après la démolition du chœur et la construction de gros contreforts pour sécuriser l’ensemble. La petite tour est en simple maçonnerie de silex avec des angles harpés de pierre. Au sommet, des modillons sont ornés de masques d’animaux et d’hommes. A cause de l’étroitesse du monument, l’accès aux cloches se fait par un escalier extérieur. La fenêtre située en haut permettait jadis un accès au clocher par les combles du chœur.

ECALLES ALIX
PLIC.01
Tour carré jadis entre la nef et le sanctuaire
Aujourd’hui sur la sacristie
FIN DU ROMAN XII

Le clocher ci-dessous, sur plan rectangulaire, de Notre-Dame de Bouville est plus grand que celui d’Ecalles-Alix. Il se situe après une nef, plus large que lui, d’où un rétrécissement du volume préjudiciable aux fidèles pour suivre les offices à l’autel majeur. Par ailleurs, on observe une différence architecturale entre le bas et le haut de la tour. Côté nord, malgré des reprises en soubassement, une vieille porte romane en plein cintre surmontée d’une étroite ouverture, nous plonge au début du XIIème siècle. La présence de tuf confirme cette datation. Par contre, la partie haute de la tour a fait l’objet d’une fine restauration à la fin du XIIème siècle, avec des bandeaux de silex et des pierres taillées. A l’étage des cloches, la tour est percée de quatre grandes baies composées de deux fenêtres géminées, séparées par une colonnette, et surmontées d’un arc brisé finement sculpté rappelant le début du style gothique. En définitive, les parties hautes des clochers d’Ecalles-Alix et Fréville sont plus anciennes que celle de Bouville.

BOUVILLE
PLIC.02PLIC.03PLIC.04Tour rectangulaire entre la nef et le chœur
surmontée d’une flèche en ardoise et d’une girouette neuve en forme de coq
Partie haute : roman transition fin XIIème

Détail baie geminée Porte romane nord : début XIIème

FREVILLE
PLIC.05PLIC.06Tour carrée au-dessus du porche, et surmontée d’une flèche et d’une girouette neuve
roman début XII
Détail des travaux sur la façade
Portail achevé en 1879

Le clocher de Saint Pierre de Fréville, sur plan carré, est plus ancien que celui de Bouville. Il surmonte l’entrée du monument. Sa décoration rappelle le pur roman normand avec des arcatures aveugles et quatre baies, à l’étage des cloches, surmontées d’arc en plein cintre et non pas brisé comme à Bouville. Des travaux cachent la base ancienne de la tour miraculée d’un vaste chantier de reconstruction de l’église en 1879. On retiendra le respect du style roman dans les fines voussures du portail.

En conclusion, le clocher de Fréville serait le plus ancien des trois en partie haute, avant Ecalles-Alix et Bouville.

– quatre clochers ont été reconstruits au XIXème siècle à l’entrée de l’église : Blacqueville précède Mesnil Panneville, Betteville puis Croixmare.

BLACQUEVILLE
PLIC.07PLIC.08 Détail du portail
Reconstruction du clocher 1821

Le clocher porche de Notre Dame de Blacqueville, construit en bois dans sa partie supérieure, est recouvert d’ardoise comme les deux clochers précédents. Il a remplacé une tour carrée en pierre située entre la nef et le chœur, mais effondrée dans l’après midi du mardi 5 septembre 1815. A cette occasion la toiture s’écrasa sur le chœur, détruisant le maître autel, la sacristie, la chapelle de la Sainte Vierge, mais aussi les deux autres autels situés à l’entrée de la nef. On remonta en urgence les murs et la couverture. Les travaux sont bien visibles aujourd’hui encore dans la maçonnerie de remplissage entre chœur et nef. Cinq ans plus tard, les blacquevillais n’avaient toujours pas de clocher. Un architecte dessina plusieurs projets de « clocher porche » pour former un avant corps en harmonie avec le reste. La commune, et non pas la fabrique paroissiale, entreprit les travaux après juillet 1821. On utilisa du moellon blanc ou caillou avec chaîne de brique. Par soucis d’économie, les encoignures en pierre provenaient de la démolition de l’ancien clocher.

Contrairement aux autres clochers reconstruits au XIXème siècle, celui de Blacqueville résulte d’un accident, donc d’une urgence, et non pas d’une réflexion à partir d’un besoin nouveau. Les paroissiens profitèrent seulement de l’occasion pour placer le nouveau clocher devant la nef d’où un notable agrandissement et un confort supplémentaire.

CL0CHER DE MESNIL PANNEVILLE Détail du portail
PLIC.09PLIC.10Achevé en 1855

La construction de ce massif clocher porche, de plan carré, est indissociable de la nef objet du même chantier terminé en février 1855. L’architecte Martin à Caudebec respecta le pur style roman normand dans la conception et la décoration de Notre-Dame de Mesnil-Panneville. Mais son objectif premier était de construire une monument utile et grand pour recevoir un nombre plus important de fidèles depuis la fusion de Mesnil avec Panneville, Hardouville et Cidetot. Il en résulta une construction de style roman adapté au confort de l’époque, ceci grâce à la générosité financière des paroissiens et plus particulièrement de Charles Jourdainne à Panneville. On utilisa la pierre des carrières de Rançon pour le clocher, avec des motifs en silex taillé. Martin respecta le pur style roman normand. Il en résulte une belle harmonie d’ensemble.

MESNIL PANNEVILLE
Détail du clocher
PLIC.11
croix2.02PLIC.12CLOCHER DE BETTEVILLE CLOCHER DE CROIXMARE
Daté de 1865 Achevé en 1898

Il est intéressant de comparer le clocher porche de Saint Ouen de Betteville daté de 1865, en silex, brique et pierre, avec le clocher de Mesnil Panneville. En effet, dans le projet de Betteville, a opté pour le style roman en le stylisant (néo roman) : absence de modillon sculpté sur la corniche, Il y a toujours deux fenêtres au niveau des cloches, mais absence de chapiteau sculpté et d’arc en pierre, simplement deux sobres fenêtres en plein cintre et entourées de brique. Sur trois faces, quatre arcatures aveugles situées juste au-dessous des fenêtres, rappellent le style roman normand. Le portail, l’oculus, comme les petites ouvertures des deux chapelles nord et sud, sont aussi un clin d’œil au style roman. A Mesnil Panneville, les deux tourelles sont de plan carré ici elles sont rondes.

A Saint Aubin de Croixmare, la reconstruction du clocher porche constitue la troisième et dernière phase de grands travaux achevée en 1898 avec la flèche (voir pierre datée 1896 en partie basse). A l’étage des cloches (comme au clocher de Bouville) les deux ouvertures possèdent des arcs brisés. A cette époque le néo gothique est à la mode comme aussi l’emploi de la brique dans la construction. Le style roman est absent.

Grâce aux archives, la datation est facile pour les quatre clochers reconstruits au XIXème siècle. Une mention particulière à celui de Blacqueville reconstruit suite à un accident en 1821. On retiendra une plus grande liberté et un goût pour le style gothique à l’aube du XXème siècle.

– Enfin, les deux clochers plus anciens du Mont de l’If et Carville, recouverts d’ardoise, sont également placés à l’entrée de l’église
PLIC.14PLIC.15
CLOCHER DE CARVILLE CLOCHER DU MONT DE L’IF
Charpente bois Charpente bois

Le clocher en bois de Saint Germain de Carville, recouvert d’ardoise, surmonte l’entrée de la nef. Une petite flèche repose dessus. Sa simplicité extrême rend quasi impossible une datation. Le porche qui précède le clocher porte la date de 1768. Il s’agit de toute évidence d’une petite église rurale heureusement miraculée. Depuis longtemps, les investissements se sont portés sur les églises de Betteville et Fréville. On envisagea même de la démolir au profit de Betteville pendant la période de 1809 à 1821. Cette année là (voir la date sur la clef de l’arc en plein cintre d’une fenêtre), les offices reprirent après quelques travaux d’urgence.

Dans ses proportions l’église dédiée à la Sainte Trinité du Mont-de-l’If se rapproche beaucoup de Saint Sulpice d’Hardouville, autre ancienne petite paroisse de notre communauté. Le clocher porche en bois recouvert d’ardoise du Mont-de-l’If a d’ailleurs remplacé un clocher mur à « tinterelle » comme il existe encore à Hardouville (avec deux cloches). Le large pignon central en pierre sur la façade témoigne de cet ancien clocher. La maçonnerie du bas de la façade est faite de matériaux divers avec de nombreuses reprises. La décoration, par exemple l’arc brisé de la porte d’entrée rappelle le style gothique du XIIIème siècle.

3/ Etude des nefs, chœurs, chevets et sacristie

De l’extérieur de l’église, on ne devine pas toujours la limite entre la nef et le chœur (sauf à Bouville à cause du clocher situé entre les deux). Les nefs ont pu faire l’objet soit de travaux entre le Moyen Age et la Révolution (à Carville, Blacqueville, Betteville), soit de reconstruction totale comme à Bouville au XVIème siècle, à Ecalles-Alix avant la Révolution, à Mesnil-Panneville, Fréville et Croixmare au XIXème siècle. Les deux petites nefs du Mont-de-l’If et d’Hardouville ont probablement conservé aujourd’hui un aspect proche de celui du Moyen Age.

Les chevets des sanctuaires anciens de Carville, Blacqueville, Betteville, Bouville, Ecalles-Alix et Mont-de-l’If sont plats, sans ouverture, avec un grand retable et une porte ouvrant sur la sacristie située derrière (à Blacqueville la sacristie est à droite). Dans le cas des sanctuaires reconstruits au XIXème siècle, comme à Fréville, Mesnil-Panneville et Croixmare, on préféra un chevet arrondi avec une sacristie accolée à droite. Ainsi en perçant des fenêtres supplémentaires au chevet, la lumière éclairait l’autel majeur dès le matin.

– Les nefs, chœurs et chevets du XIXème siècle

La nef de Mesnil-Panneville fut achevée comme le clocher en 1855. On utilisa la pierre blanche de Duclair. Pour le chœur, le chevet arrondi et la sacristie, le maçon Aubé de Betteville utilisa la pierre de Caumont. Janvier 1859 marqua la fin de la seconde phase du chantier. Il en résulte un monument harmonieux respectueux du style roman.
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MESNIL PANNEVILLE
Nef achevée en 1855

A la même époque, Fréville ouvrit son premier chantier de reconstruction. Pour agrandir, on commença en 1854 à construire un nouveau chœur derrière celui déjà existant. Le chevet arrondi est décoré avec beaucoup de soins, dans le style roman, avec des losanges, comme la façade de Mesnil Panneville . On utilisa la pierre dure de Rançon pour l’extérieur et de la pierre blanche de Duclair pour l’intérieur. Cette première phase se termina en 1856 avec une sacristie toute neuve et une église plus longue.
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FREVILLE
Détail du chevet 1858

Toujours à Fréville, l’architecte Octave Fréret à Rouen signa ensuite les plans d’un transept avec deux chapelles à l’entrée du nouveau chœur. Le chantier de cette seconde phase terminée en 1872 nécessita la démolition de six mètres de mur de l’ancien choeur. Le même architecte proposa enfin de faire tomber toute la vieille nef voûtée en berceau pour reconstruire en pierre et de terminer par une restauration du bas du clocher avec perron. Le chantier se termina en 1879. Dans l’ensemble, pour les parties neuves les frévillais respectèrent le style roman du grand clocher. Sa hauteur importante permettait d’élever une belle nef sans obstruer une fenêtre de la tour comme à Notre Dame de Bouville. On notera des points communs dans la reconstruction des nefs de Mesnil-Panneville et Fréville pourtant plus récente : corniches, fenêtres, contreforts et couverture du même style (malgré l’emploi de brique pour les contreforts de la nef de Fréville).

A la fin du XIXème siècle, l’ancienne église de Saint Aubin de Croixmare menaçait ruine. Sa reconstruction complète, sous maîtrise d’ouvrage de la fabrique paroissiale, nécessita près de 20 ans, soit trois tranches de travaux. On commença par le chœur, la sacristie et le transept, puis la nef, le bas du clocher avec une tourelle, et enfin la flèche achevée fin 1898 (voir pierre datée 1896 en partie basse). C’est sans aucun doute, au XIXème siècle, le plus important chantier sur un monument religieux dans la communauté de communes. L’architecte signataire en 1898 était René Martin (le même que pour la seconde tranche). A cette époque, le néo gothique est à la mode. L’ensemble dégage une belle harmonie verticale où le style roman n’est plus présent, contrairement aux deux autres clochers précédents. Comme dans les autres bâtiments de cette époque, beaucoup de brique, la pierre sert uniquement pour l’encadrement des ouvertures (à l’inverse du clocher porche de Blacqueville en 1821). La finesse des contreforts souligne encore la verticalité et la lumière pénètre le matin par les grandes fenêtres du chevet.
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CROIXMARE
Détail de la nef et du transept

– Les nefs, chœurs et chevets plus anciens

La nef et le porche de l’église de Bouville constituent une belle construction en pierre après démolition d’une nef d’origine romane moins haute et plus étroite. En effet la nouvelle nef recouvre entièrement la fenêtre ouest au niveau des cloches. Malheureusement sans date, on peut la comparer à celle de Sainte Gertrude signée de 1519. Le chantier devait se poursuivre avec le chœur mais pour des raisons sans doute financière on se contenta de gros travaux sans grand intérêt architectural. La sacristie est du XIXème siècle.
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NEF ET PORCHE DE BOUVILLE
Datables courant XVIème siècle
La nef de Carville est d’une grande sobriété, sans style particulier. Elle se poursuit sans interruption avec le chœur à chevet plat, le tout percé de petites fenêtres surmontées d’arc en plein cintre. Une clef porte la date 1821 sur le mur sud de la nef. La maçonnerie faite de matériaux divers ne porte pas les marques d’un style et d’une époque, mais celle du temps avec de nombreuses retouches faites avec les pierres disponibles à proximité.

On peut faire le même constat avec les nefs et chœurs de Blacqueville, Betteville et Ecalles Alix, où l’observation des murs et des ouvertures montrent de gros travaux de consolidation depuis des siècles. Quelques dates gravées nous rappellent l’époque des travaux de rénovation aux XVIIIème et XIXème siècles.
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BETTEVILLE BLACQUEVILLE
Détail de la nef Détail de la nef

Enfin, la petite nef du Mont de l’If ressemble à celle d’Hardouville avec un chevet plat, une couverture en tuile de Bavent, une sacristie derrière, et des fenêtres en plein cintre.

Conclusion

La diminution du nombre d’églises dédiées au culte catholique est une réalité. Sur le territoire de la communauté de communes, il existait jadis quatorze églises portant généralement les marques du roman haut-normand. Il en reste seulement neuf aujourd’hui avec une population pourtant en forte hausse. Si nous prenons la période romane ou gothique comme base de référence, sur quatorze églises, six ont été démolies (dont deux pour être reconstruites à la même place au XIXème siècle) Sur les huit autres églises : une seule a gardé une harmonie architecturale ancienne, une autre est maintenant chapelle privée, et six ont fait l’objet de transformations plus ou moins importantes touchant soit la nef et le choeur, soit le clocher. Ce simple constat montre l’intérêt de préserver et entretenir ces vieux témoins du passé déjà en forte diminution. Ainsi se termine notre étude comparative qui montre aussi la richesse et la diversité architecturales de nos petites églises du « Plateau Vert ». Lieu de prière, mais aussi atout touristique si nous savons les apprécier et les présenter aux visiteurs.

Philippe GAURY
Commision culture sports et loisirs

Remerciements : à Georges VERDURE de Bouville pour les nombreuses photos de cet article